Ce n’est pas le mot auquel vous pensez, et cela ne se passait pas à Waterloo mais à Bruxelles (pas très loin il est vrai), le 9 décembre, lors du sommet des 27 pays européens.
On s’attendait à un "Nein" de Merkel, on a eu un "No" de Cameron, sur l’accord de renforcement de la discipline budgétaire au sein de l’Union européenne. Aux 17 pays de la zone euro, rapidement convaincus par Sarkozy-Merkel, se sont joints 9 autres pays qui n’ont pas l’euro en monnaie unique. 17 + 9 - 27 = - 1. Pas de doute, il en manque un, la Grande-Bretagne. On a fait semblant de regretter l’absence d’unanimité mais tout le monde est ravi ! Avec l’Angleterre on allait tout droit vers une modification des traités européens, deux ans de délai, des référendums dans tous les pays, des votes négatifs, au moins celui des britanniques et l’échec au bout. Tandis que là, une autre voie va être choisie : celle de la signature d’accords intergouvernementaux. C’est évidemment complexe mais retenons que pour réviser les traités européens existants il faut l’unanimité, alors que rien n’empêche les États qui le souhaitent de se fixer, par un nouvel accord, des règles par lesquelles ils s’engagent à respecter des normes plus strictes de discipline budgétaire. On a comparé Merkel à Bismarck, si l’on voit Sarkozy en Talleyrand, à eux deux, ils auront réussi un beau coup !
Isolés, les britanniques ? Pas tout à fait puisqu’ils se retrouvent en compagnie des socialistes français pour critiquer cet accord. Oh ! bien timidement. Parce que le mot de Hollande vous l’avez entendu ? Nous avons vainement cherché, et avons dû nous contenter d’un communiqué officiel du PS, signé Trautmann et Guigou, qui n’a pas fait le buzz, reconnaissons-le.
« L’accord trouvé cette nuit, lors du conseil européen n’est pas solide… il ne répond pas à l’urgence de la crise… il est strictement consacré au renforcement des disciplines budgétaires et à l’austérité à travers le renforcement des sanctions automatiques contre les États. Il vise principalement, voire exclusivement, à introduire une « règle d’or » dans le droit interne des États, sous le contrôle de juges européens ». Plutôt bien résumé ! Il suffisait d’ajouter que Delors aurait dû éviter de qualifier cette règle d’or de « piège à cons », parce que dans ce piège, ils y sont maintenant.
Nous devrons revenir sur cet accord et essayer de rechercher le diable qui réside toujours dans les détails, mais on voit bien que c’est, sinon la béate satisfaction, du moins un réel soulagement qui domine. Les agences de notation elles-mêmes se donnent maintenant le temps de la réflexion pour décider si elles vont dégrader, ou non, la zone euro : 50/50 disent-elles ce soir.
Comme quoi Hollande, qui avait déjà annoncé la perte de son triple A par la France, a raison aujourd’hui d’en dire le minimum, parce que prédire l’avenir est tout de même plus compliqué que de critiquer le passé.
Nous nous garderons donc de l’un comme de l’autre…
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