dimanche 2 octobre 2011

DELORS AVAIT RAISON


02/10/2011 : J – 215
On se souvient de cette déclaration de Jacques Delors, plutôt surprenante dans sa bouche : la règle d’or, c’est « un piège à cons ».
A ceux qui leur font remarquer que de nombreux pays européens ont inscrit dans leur constitution, demanière consensuelle, cette règle contre l’endettement excessif, les socialistes français répondent qu’ils ne veulent pas offrir ce cadeau à Sarkozy et que ce n’est pas en  fin de mandat qu’il faut le faire. Eux aussi sont contre la dette et ils le prouveront au pouvoir. Fort bien.
Dans le même temps, le PS veut que l’Europe " mutualise " la dette au travers des fameuses euro-obligations. Ainsi les pays à qui les marchés ne veulent plus prêter, parce que leur signature financière s’est dégradée du fait de leur gestion laxiste, pourront à nouveau emprunter grâce à la garantie donnée par l’Allemagne et la France, notamment.
On sait que ces outils ne peuvent être envisagés que dans un contexte de fédéralisme financier, c’est-à-dire s’il existe au niveau européen un mécanisme  strict de contrôle du budget de chaque état.
Nous avons donc apprécié d’entendre, ce matin sur Europe 1, Hollande déclarer que « pour faire le choix des euro-obligations, il faudrait plus de fédéralisme budgétaire ». Encore faudrait-il accorder les actes aux paroles.
On n'en a presque pas parlé mais il s’est passé, le 28 septembre, un événement majeur : le Parlement européen a voté un « paquet » législatif de six textes que l’on appelle le " Six Pack ". Il s’agit de règles destinées à contrôler la politique budgétaire des états. Les budgets seront examinés, à Bruxelles, avant leur adoption par les parlements nationaux. Surtout, un système automatique et contraignant de sanctions est prévu ; elles ne pourront être évitées que si une majorité d’états le demande. On se rapproche ainsi du fédéralisme prôné par Hollande.
Seulement voilà, les députés européens socialistes ont voté contre !
Que lit-on sur le site www.deputes.socialistes.eu/ ? Ceci : « Le Parlement européen a voté aujourd’hui le paquet de gouvernance économique … il constitue un pacte d’austérité qui empêche les états membres de relancer l’économie et de se protéger des marchés ». Et la présidente de la délégation française, Catherine Trautmann, de préciser : « S’il faut  évidemment veiller à la bonne gestion des comptes publics, décréter la rigueur aujourd’hui mettrait la croissance et l’emploi en berne ».
Cause toujours, François !
Delors avait donc raison. Et si les socialistes sont bien tombés dans le piège, ce sont les français que l’on prend pour … ce qu'il a dit.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

http://agv-solferino2012.blogspot.fr/