25/09/2011 : J – 222
C’est historique. Ce dimanche, à l’issue du renouvellement de la moitié des sénateurs, le parti socialiste a, pour la première fois sous la V ème République,
remporté la majorité absolue au Sénat. Il va régner sur le Palais du Luxembourg, siège du Sénat. L’événement est considérable.
Pas tellement parce qu’il s’agit d’une nouvelle confirmation de l’affaiblissement de la droite. Elle a perdu, depuis 2008, successivement, les municipales, les régionales et les cantonales. Quand on sait que les grands électeurs sont les élus locaux, ce résultat était prévisible.
Les socialistes n’ont, logiquement, pas tardé à le présenter comme une défaite personnelle de Sarkozy. Pour Martine Aubry, c’est « un échec pour le Président de la République. L’UMP recule de partout ». Hollande est encore plus direct : « Nicolas Sarkozy, c’est fini ».
Mais, surtout, c’est l’annonce que, si la gauche remporte dans la foulée de la présidentielle les élections législatives, comme c’est habituel, le président socialiste disposera de l’ensemble des pouvoirs législatifs, Assemblée nationale et Sénat. Ce sera la première fois.
François Mitterrand avait dû, tout au long de ses deux septennats, composer avec un Sénat hostile, comme Lionel Jospin pendant les cinq ans pendant lesquels il a été premier Ministre. Si l’on remonte plus loin, le Général de Gaulle, lui- même, a quitté le pouvoir après avoir tenté de réformer le Sénat, contre sa volonté, par un référendum perdu.
Ce soir, le futur président socialiste devrait ressentir une véritable angoisse : non seulement il devra assumer le destin de la France mais il n’aura aucune excuse : il disposera de la totalité des pouvoirs républicains.
Si Hollande a mesuré l’enjeu et fait preuve de retenue (a-t-il déjà revêtu l’habit présidentiel ?), Aubry a brutalement annoncé la couleur en promettant le vote des étrangers et l’abrogation de la réforme sur les collectivités locales. On a aussi entendu l’interdiction du cumul des mandats et, « horresco referens », la réforme du Sénat lui- même.
La gauche se rapproche de la prise du pouvoir, qui risque d’être un pouvoir absolu. Quel homme d’état le refuserait ? Vrai défi pour la gauche !
" Marchant vers la terre promise,
Josué s’avançait pensif et pâlissant,
Car il était déjà l’élu du tout puisant ".
Moïse, d’Alfred de Vigny
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire