04/09/2011 : J – 244
C’est sous la forme d’une lettre aux français, intitulée " je veux vous parler de la France ", que se présente la contribution littéraire de Martine Aubry à la campagne des primaires. Texte de huit pages, consultable sur internet.
On découvre rapidement qu’il s’agit d’un résumé du projet socialiste, un bon résumé d’ailleurs.
La philosophie est affichée d’entrée : " La France, ma France, c’est celle que l’histoire nous a léguée … celle de la révolution de 1789, des grandes lois de 1901 ou de 1905, des conquêtes de 1936, du conseil national de la résistance en 1944, de l’espérance soulevée en mai 1981, comme en juin 1997 ". Fin de l’histoire de France ! Tout est dit…
Qu’est-il donc arrivé à la gauche pour qu’elle tombe ainsi dans la nostalgie, comme dans l’ancien bloc soviétique où les communistes sont devenus des " conservateurs "?
Pas d’idées neuves donc. On retrouve dans ce texte toutes les propositions: retraite à 60 ans, 300 000 emplois jeunes, recrutements de fonctionnaires, allocations d’études … nous n’y reviendrons pas, nous les avons déjà commentées en avril dernier.
Le problème, c’est qu’avec la crise de la dette, survenue postérieurement, le projet socialiste est devenu obsolète.
Il y a bien des propositions anticrises mais elles dépendent toutes de nos partenaires, des allemands en particulier. Si Sarkozy et Merkel se sont déjà mis d’accord sur le gouvernement économique et la taxe sur les transactions financière, ce n’est pas le cas sur les euro-bonds ni sur le doublement du Fond Européen de Stabilité (et pas de Solidarité, lapsus révélateur !) Financière. Croit-elle vraiment qu’il suffise d’être la fille d’un ancien prédécesseur de Barroso pour les faire plier ? Ou que les socialistes allemands, revenus au pouvoir, subventionneront les dérives grecques (et autres) au risque de remettre en cause leur propre situation ?
Bien entendu qu’il faudra annuler les niches fiscales et aussi augmenter les impôts et pas seulement pour les riches, et la TVA également, et réduire tous les budgets. Mais il n’est plus envisageable de dépenser un euro supplémentaire pour de nouvelles mesures. L’enjeu désormais est clair : il s’agit de préserver notre capacité d’emprunt et d’assurer le maintien des salaires, des pensions et des prestations sociales. Et si, d’aventure, on parvenait à dégager quelques marges de manœuvre au-delà de l’impérieuse réduction de la dette, c’est à des investissements productifs qu’il faudrait intégralement les consacrer, afin de maintenir, si possible, un minimum de croissance. Et non à créer de nouvelles charges récurrentes.
Martine Aubry a de l’ambition pour la France. On ne peut l’en blâmer.
Mais on verra bien, hélas, que la priorité aujourd’hui est, tout simplement, de sauver la France.
Ce qui est sûr, c’est que si Martine Aubry était élue présidente de la République, avec un tel programme, elle est d’ores et déjà condamnée à décevoir.
Qui écrira " le courage français " ?
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