jeudi 25 août 2011

QUAND J’ENTENDS LE MOT RIGUEUR, JE SORS MES EXPERTS

25/08/2011 : J – 254
François Hollande réunissait hier ses " experts économiques ", Martine Aubry échangeait ce matin avec ses " experts en économie »" (dont Jacques Delors qui a déclaré que sa fille était  " la meilleure pour affronter Sarkozy "). Ségolène Royal faisait savoir : " moi, je n’ai pas attendu 2011 pour réunir des économistes ". Ils étaient donc armés pour commenter les mesures annoncées par le gouvernement pour respecter les objectifs de réduction des déficits publics.
Ayant été contraint de réviser ses prévisions de croissance (de 2 % à 1.75 % en 2011 et de 2.25% à 1.75 % en 2012) il lui fallait prendre des mesures supplémentaires. Le premier ministre a donc annoncé hier un plan de rigueur : 1 milliard en 2011 et 11 milliards en 2012 (le déficit prévisionnel s’établirait ainsi à 4,5 % contre un engagement de 4,6 %). Il a classé ces mesures en 3 catégories :
- " des prélèvements spécifiques, dans un esprit de justice fiscale ", pour 3,2 milliards (citons le changement des règles de report des déficits pour les entreprises (1,5), ainsi qu’une contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus (0,2) et une hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital (1,3).
- " La réduction des niches et l’harmonisation des prélèvements obligatoires " pour 5,6 milliards (citons la réforme de l’abattement sur les plus-values immobilières, à l’exception de la résidence principale (2,2), la suppression d’exonération de la taxe sur conventions d’assurance(1,1), le rétablissement de charges patronales sur les heures supplémentaires (0,6), la suppression de  diverses dérogations sur la CSG (0,8).
- " Des mesures destinées à modifier les comportements en matière de santé publique et d’environnement " pour 1,2 milliards, dont hausse du prix du tabac (0,6), alcools forts (0,3) et taxes sur boissons sucrées (0,1).
Tout naturellement l’opposition se montre très critique.
Concours de railleries : insuffisant, bricolage, homéopathie, rustines, fonds de tiroirs …
Plus intéressant, le premier niveau de critique : le gouvernement corrige ses erreurs de début de mandat, mais cela n’est pas suffisant (unanime).
Second niveau de critique : " rien pour la relance dans ce plan … le gouvernement est entrain de fabriquer la récession " (Martine Aubry).
Troisième niveau de critique : les sacrifices demandés aux riches sont symboliques, l’effort de ce plan repose " sur les catégories populaires, les classes moyennes, les épargnants et les propriétaires immobiliers " (François Hollande)
On pourra regretter que chacun élabore, de son côté, sa réponse au gouvernement alors que l’on aurait pu attendre une position commune du parti socialiste, en ligne avec son projet.
Si l’on revient sur les critiques, la première signifie que se féliciter de ce que le gouvernement corrige ses erreurs du début, revient à reconnaître que la gauche aurait pris les mêmes mesures correctives.
La seconde signifie, qu’au fond d’elle-même, Martine Aubry partage encore  l’idéologie Keynésienne selon laquelle c’est la dépense publique, donc le déficit, qui crée la croissance.
Enfin, si l’on regrette avec la troisième, au nom de la justice sociale, l’augmentation des prélèvements sur les produits du capital, la taxation des plus-values immobilières sur les résidences secondaires, le rabot sur les niches fiscales, et que l’on oublie que les 2/3 des mesures pèsent sur les grosses entreprises, cela signifie que François Hollande vient de déplacer nettement son curseur de définition de la richesse.
Sans doute, les candidats socialistes viennent-ils de comprendre, qu’en augmentant la pression fiscale de 11 milliards, le gouvernement venait de confisquer une part importante de la marge de manœuvre destinée à financer leurs programmes.
Attendons de savoir sur lesquelles de ces mesures ils s’engageront à revenir.




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