28/08/2011 : J – 251
A quelques semaines de la primaire, le risque était grand que les mots d’ordre d’unité et de rassemblement ne s’effacent derrière le choc des égo et le poids des ambitions.
Certes, ils ont bien souvent préféré chacun sa chacunière, plutôt que la maison commune, afin de comparer le nombre et l’enthousiasme de leurs militants.
Mais enfin, on n’est pas tombé dans le piège de La Rochelle et l’irréparable a été évité. Il y a bien eu quelques petites phrases mais c’est assez naturel à ce stade de la compétition. Comme le dit finement le clan Aubry, « on n’est pas des chochottes » !
Le challenge était donc de peaufiner son image, c'est-à-dire apparaître comme présidentiable et valoriser sa différence.
Aubry, qui avait mis un turbo dans son diesel, s’est montrée la plus combative. Elle se positionne sur le créneau de l’ambition (pour la France…). Il ne faut pas compter sur elle pour représenter « une gauche règle à calcul », elle laisse cela à son principal concurrent. Elle est « celle qui porte le plus d’ambition du possible ».
Par chance( ?) son atelier se réunissait peu après la séance d’ouverture dans la salle plénière, composée comme il faut, à sa mesure. Les applaudissements ne lui ont donc pas fait défaut. Traitant de la finance et de la gestion de la crise elle a déploré qu’il n’y ait « plus à la tête de l’Europe que des pompiers, qui oublient parfois leur lance à incendie, et nous, nous voulons des architectes… Etre architecte, c’est créer un véritable gouvernement économique».
Elle soulève l’enthousiasme quand elle déclare : « Nous ne voulons pas simplement garder le triple A. Notre conviction, c’est d’avoir un triple A pour l’éducation des enfants, pour l’emploi, pour la santé ».
Hollande, lui, c’est la confiance. Il fait tout pour se montrer sympathique et rassurant. Sa priorité, c’est la croissance. Pour l’obtenir, trois leviers.
Le premier, l’investissement. D’où la réforme fiscale pour redéployer vers l’emploi les 50 milliards des niches qui n’ont pas prouvé leur efficacité.
L’éducation est le second levier, d’où la grande cause de la jeunesse, « de la petite enfance à l’université ».
Troisième levier, l’écologie et la croissance verte. Il en profite pour clarifier sa position sur le nucléaire. Ramener en 15 ans sa part dans la production d’électricité de 75 % à 50 %. A ceux qui s’engagent à une sortie totale dans 50 ans, il lance « nous ne serons pas là pour vérifier ! ».
Royal à une fois de plus bluffé tout le monde. Elle a, tout le week-end, donné l’image de « l’hilare qui se marre ». Détendue, souriante, elle avait l’air de bien s’amuser. On en cherche évidemment la raison : soit elle a ses propres informations sur les sondages et savoure d’avance la surprise (n’est-elle pas la « présidente des solutions » ?), soit elle se prépare à recevoir les hommages et propositions des deux candidats du second tour tandis que les lumières seront braquées sur elle.
C'est le moment de révéler que nous disposons d’un élément qui nous permet d’évoquer un pacte secret Aubry-Royal. Si l’on y prête bien attention, elles s’habillent généralement soit en rouge, soit en blanc. Mais jamais on ne les a vues porter la même casaque en même temps. Donc elles se téléphonent tous les matins, et ne doivent pas parler que chiffon …
Valls et Montebourg se sont montrés bien sages. Le moment n’était pas aux rodomontades et provocations. Pour augmenter leur notoriété il leur fallait montrer qu’ils étaient, eux aussi, responsables et crédibles.
Baylet n’a cessé de ronchonner sur la manière dont il était traité par le PS qui ne lui a pas accordé un atelier.
Mais enfin, l’étape de La Rochelle a été franchie sans encombre. On peut passer à la photo de famille (Ségolène en rouge, Martine en blanc !). Smile.
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