mardi 16 août 2011

CELA MERITE REFLEXION - CHAPITRE 2 : INVENTER L’EAU TIEDE

16/08/2011 : J – 263
Il faut donc éviter qu’un Etat de la zone euro ne fasse faillite. C’est là qu’interviennent les trois remèdes proposés.
- L’intervention de la BCE sur le marché secondaire de la dette ? En français, cela veut dire qu’elle rachète des obligations déjà émises, disons par la Grèce. Les créanciers sont rassurés car ils peuvent, s’ils le souhaitent, récupérer leur argent. Les taux d’intérêt demandés à la Grèce vont baisser et elle pourra, à nouveau, emprunter pas trop cher. Ce remède est déjà appliqué. Ainsi la BCE vient de racheter 22 milliards de dette espagnole et italienne.
Facile ? Oui, mais elle a engagé son capital sur des investissements par définition risqués. Au total, c’est près de 100 milliards d’obligations qu’elle a déjà rachetées. Cela mérite réflexion …
Le Fonds européen de stabilité financière ? Il a été lancé fin 2010, à la suite d’un accord franco-allemand,  avec une dotation de 440 milliards. La part de la France est de 159 milliards. Coût ? Zéro si le prêt est remboursé, beaucoup plus si le bénéficiaire fait défaut. On peut augmenter la cagnotte, comme le demande le PS, mais on augmente le risque. Sauf à alimenter le fonds par la taxe sur les transactions financières, mais le PS a déjà trouvé un autre moyen de le dépenser ! Cela mérite réflexion ...
L’émission d’eurobonds ? En français, il s’agit de faire emprunter l’Europe elle-même pour reprêter aux Etats. Evidemment, la signature des 17 pays membres de la zone euro est meilleure que celle de la Grèce. Génial ! Cas d’école pour l’université d’été.
Sauf que, quand on découvre l’eau tiède, on comprend que c’est en mélangeant de l’eau chaude et de l’eau froide que l’on y parvient. Donc si la Grèce paye moins cher, ceux qui ont les meilleures signatures, l’Allemagne bien sûr, mais aussi la France, payeront plus cher.
Sauf que, si certains Etats sont défaillants, ce qui est vraisemblable avec un préteur solidaire, les autres devront payer pour eux.
Sauf que, si l’on n’est pas totalement irresponsable, un tel mécanisme n’est acceptable que si une surveillance étroite est exercée sur les Etats emprunteurs.
Proposer l’émission d’emprunts européens c’est donc s’engager dans une « révolution européenne » avec la mise en place d’un fédéralisme budgétaire. Alors, sachez-le, c’en est fini de la souveraineté budgétaire ! Les Etats seront sous tutelle  de l’Europe et ne pourront plus décider librement  des leurs recettes ni de leurs dépenses. Autant dire que le budget de la France ne pourra plus être voté sans avoir, préalablement, reçu le tampon allemand. Cela mérite réflexion ...
Le parti socialiste, qui reproche à Sarkozy son "manque de courage" en n’imposant pas à Madame Merkel les eurobonds (Martine Aubry), a certainement pris en compte les conséquences qui ne manqueront pas de résulter d’une telle révolution. Et, si tel est le cas, il aura prévu d’organiser un débat démocratique avec les français sur le fédéralisme européen. Sinon quel crédit accorder à des postulants au poste suprême qui n’auraient pas réfléchi avant de s’engager, ou pas osé dire aux électeurs vers quoi ils les menaient par leurs propositions ?
Comment refuser une règle d’or, à vrai dire peu contraignante, mais politiquement importante, qui finira par s’imposer à tous quoi qu’il arrive, et conduire insidieusement, sans débat, les français vers un fédéralisme européen ?
Cela mérite réflexion ...

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