Ils seront bientôt 80 chasseurs,
Non dans le lit de la duchesse,
Mais à pourfendre les rumeurs.
Hollande et ses partisans viennent de rejoindre la cohorte des chasseurs de rumeurs. A sa sortie de la Brigade de répression de la délinquance de Paris, où il avait demandé à être reçu le plus rapidement possible, il a déclaré que cette affaire ne le « concernait pas » et a mis en cause une « opération politique visant à mettre son nom dans la presse. » Il menace à son tour de « poursuivre ceux qui tenteraient de l’impliquer ».
A ce rythme, les candidats n’auront bientôt plus besoin d’un programme. Un avocat suffira.
L’affaire, c’est bien entendu la plainte de Tristane Banon contre DSK. En quoi Hollande est-il concerné ? La mère de la plaignante prétend l’avoir informé à l’époque (nous sommes en 2003 et il est premier secrétaire). Enorme, bouleversant !
Alors pourquoi en parlons-nous ici ? Parce que l’on voit ressurgir la théorie des « rumeurs, manipulations et manœuvres » (Hollande).
Après le complot contre DSK, et les rumeurs contre Aubry, voici la manipulation contre Hollande. Il ne fait pas bon être candidat socialiste !
Qui est le deus ex-machina ? La droite bien sûr et son héros, Super Sarko.
A New York, il manipule la police, la justice et la presse des Etats-Unis d’Amérique, à Lille, il ressuscite des rumeurs aussi vieilles que le projet socialiste lui-même et à Paris, il contraint une élue socialiste à comploter contre un candidat du parti.
La preuve, parce que l’on n’accuse pas sans preuve (sauf Harlem Désir : « le PS ne laissera pas la droite pervertir le grand débat démocratique des primaires »), c’est Hollande qui l’a trouvée : un « organe de presse » qui a « associé son nom et son image » à l’affaire.
Non, ce n’est pas l’Express, qui a recueilli les confidences de la mère, ni Le Monde, qui publie le compte rendu de l’audition de la fille, ni Libération.fr, qui a sorti hier un article qui balance tout, y compris le nom d’autres socialistes et de journalistes qui « auraient » été au courant. Non, il s’agit du Figaro qui est de droite, donc c’est bien la droite.
Et l’on dit que nous avons la droite la plus bête du monde ? Elle est, en tout cas, sacrément forte; elle réussit tout ce qu’elle entreprend.
Non, non, ce n’est pas elle qui a coulé le Rainbow Warrior (là, il y a de vraies preuves).
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