21/07/2011 : J – 278
Juillet n’aura pas été un chemin pavé de roses.
Embourbé dans les affaires, handicapé par les ratés de la primaire, le PS chemine avec une épine dans chaque pied :
- l’affaire DSK qui n’en finit pas (après avoir envisagé son retour dans la course, on voudrait maintenant l’oublier) et qui fait même des petits,
- la pomme de discorde des débats entre candidats à la primaire, qui risque de polluer la campagne, au moins jusqu’à la rentrée.
Entre les candidats le rapport de force n’a pas changé.
Hollande et Aubry restent au coude à coude. Chacun dans son couloir : Hollande pourfend les déficits, Aubry investit la culture.
Ségolène, bien que distancée, a l’air de bien s’amuser : rira bien qui rira le dernier ! De toute façon, elle sera l’arbitre et fera le roi ou la reine.
Montebourg et Valls, faute de décoller dans les sondages, se font remarquer ; en politique cela permet souvent de devenir ministre.
Baylet continue de négocier en coulisse la poignée de sénateurs que voudra bien lui laisser le parti socialiste.
Au total, beaucoup d’agitation pour rien.
Pour rien ? Sauf qu’un événement majeur est intervenu en juillet, une vraie révolution, peu remarquée, mais dont on n’a pas fini de mesurer les effets.
Hollande d’abord, Aubry ensuite, ont admis que la priorité devait aller au redressement des comptes publics et qu’il fallait se résoudre à accepter l’engagement d’un retour des déficits publics sous la barre des 3 % du PIB dès 2013 et non plus en 2014 comme le prévoit le projet socialiste.
Un an c’est si important ? Oui, cela change tout, car en privant les socialistes de toute marge de manœuvre à leur arrivée au pouvoir, c’est le projet qui est vidé de l’essentiel de sa substance.
Certes, il restera les mesures à forte visibilité politique, comme la réforme fiscale. Mais, s’il est facile de surtaxer les riches, ce n’est pas cela qui dégagera les marges de manœuvre suffisantes. Les mesures qui « rapportent » sont, en revanche, à haut risque. Par exemple la taxation des heures supplémentaires, qui ne plaira pas aux salariés, surtout les plus modestes, ou la suppression des niches fiscales (osera-t-on supprimer la défiscalisation des investissements outre-mer, très prisée des « riches » ?). Reste, alors, le droit de vote aux étrangers, le mariage homosexuel et les autres mesures sociétales.
Mais il faudra revoir les promesses qui ont un coût budgétaire, comme les emplois d'avenir, l’allocation d’étude pour les jeunes ou les moyens supplémentaires pour la police, la justice et l’éducation nationale …
S’il faut saluer le courage des candidats (ils ne veulent surtout pas revivre le tournant de la rigueur de 1983), comment éviter la déception ?
Et si, au contraire, c’était une chance ? Libérés du carcan d’un projet désuet et doctrinal, les candidats vont recouvrer un espace d’expression qui permettra à chacun de présenter aux sympathisants d’abord, aux français ensuite, un véritable programme présidentiel.
Le projet est dépassé ? Vivent les programmes ! Voilà le vrai sujet de débat…
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