Et la femme, bien entendu. Cette citation de Buffon illustre ce que sera la campagne de la primaire socialiste. Plus que sur le fond, c’est sur la forme qu’elle va se dérouler. Puisqu’il faut se différencier, c’est donc le style qui fera la différence. C’est ce que croient les candidats.
On le voit déjà avec la constitution des équipes de campagne.
Aubry mobilise la société civile et s’entoure d’intellectuels et de personnalités médiatiques. A côté d’Axel Kahn, Daniel Cohen (« le meilleur économiste de France »), l’actrice Sandrine Bonnaire, la réalisatrice Yasmina Benguigui, l’athlète Yohann Diniz, l’écrivain Jean-Christophe Ruffin… et un avocat, un architecte, un sociologue, une anthropologue…, une vraie liste à la Prévert ! Mais comme il faut se méfier des intellectuels autant que des people ils sont flanqués d’un commissaire politique (cela s’appelle un tandem) : Guigou, Trautmann, Glavany et d’autres moins connus.
Le directeur de campagne est le fidèle François Lamy. Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris et Olivier Dussopt, député de l’Ardèche, sont porte-parole.
Les éléphants, en revanche, Fabius, Delanoë, Emmanuelli, Cambadélis…sont discrètement placés dans un enclos, à l’écart. On les appelle les « Ayatollahs cachés ».
Quant au positionnement, ce sera la gauche intellectuelle (la culture), et sociale (l’égalité réelle). Bref, le PS canal historique. Ecoutons son « message aux français » du 14 juillet. Elle prône « une société où les privilèges de la naissance ne font pas le destin d’une vie » (ça, c’est pour la fille de Jacques Delors) et « une société où quelques uns ne décident pas pour tous (ça, c’est pour les 35 heures). Et puis le couplet antisarkosyste (primaire est de circonstance) : elle promet « la liberté d’expression avec une presse libre… et la liberté d’opinion pour les citoyens » (ca, c’est pour les menaces de condamnation en justice pour les propagateurs de rumeurs).
Hollande veut représenter la « gauche qui change ». On y retrouve les élus locaux et les réseaux.Son équipe, composée presqu’exclusivement de politiques est un savant dosage entre ses amis et les ralliés, notamment strauss-kahniens.
Moscovici est le coordonateur général, Stéphane Le Foll devra se contenter de l’organisation de la campagne. Le porte-parole est ...lui-même ; apparemment il n’en veut pas.
Une large place est faite aux élus locaux : Rebsamen, Collomb, Vallini, Cahuzac, Dray…
Nous allions oublier : Peillon aux idées et projet.
Pour les idées justement, Hollande se veut moderne, sérieux et réaliste. Il va parler dette et fiscalité. Et si le dada d’Aubry est la culture, le sien est la jeunesse.
Royal n’a pas vraiment de personnalités autour d’elle. Elle mobilise toute seule la « force citoyenne ». Pas d’intermédiaire, elle parle directement avec le peuple. Sur le fond, elle traite des sujets qui intéressent les français et sait ce qu’ils ont envie d’entendre.
Montebourg, Don Quichotte flamboyant, est parti à l’assaut des moulins de la mondialisation.
Valls émet sur la fréquence île de France et parle vrai sur les banlieues et la sécurité. Il se prépare aux fonctions de ministre de l’intérieur.
Et s’ils se trompaient tous ? Les français ne souhaiteraient-ils pas, simplement, quelqu’un capable de « faire président » ?
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