28/06/2011 : J – 312
Que retenir de la déclaration de Martine Aubry aux français ?
1/ la condamnation du sarkozysme, responsable des grands désordres que connait la France, « un pouvoir enfermé dans ses certitudes, a touché à tout sans rien régler », un homme dont « l’apparente énergie( est) trop souvent confondue avec l’agitation », une « politique injuste exclusivement menée au profit des privilégiés ». Rien de neuf, ni de différent des discours de ses concurrents. Rappelons toutefois que l’argument de " l’agitation " avait déjà été utilisé contre Chirac en 1995 et qu’on en a pris pour 12 ans…
2/ Une légitimité fondée sur trois piliers :
- son bilan à Lille, «capitale d’une grande région industrielle »,
- des valeurs transmises par sa famille (« morale, sens de la justice, goût des autres »). Elle est en droit, en effet, plus que les autres, de se revendiquer de Jacques Delors.
- son action à la tête du parti socialiste pendant trois ans.
3/ Une volonté. Celle que l’on a soupçonnée de ne pas vraiment avoir envie d’être ni candidate ni présidente, multiplie les « je le dis », « je le veux », « je serai ». D’ailleurs, c'est clair, elle n’est pas candidate à la primaire mais à la présidence de la République. Attendons les réactions des autres candidats ! Et elle annonce « une présidente qui préside ». L’intérêt n’est pas dans le pléonasme mais dans le féminin…
4/ La promesse de la victoire. Passons sur le long catalogue de promesses qui couvre absolument tout : les jeunes, les vieux, les malades, les chômeurs, la justice, la diplomatie, l’Europe, la culture… apparemment personne n’a été oublié sans que ne figure le moindre engagement concret. Mais il n’est pas anormal de laisser le temps à la nouvelle candidate d’élaborer son propre programme. Au moins, elle a eu la franchise de prévenir : « tout ne sera évidemment pas possible tout de suite… ».
Le moment fort réside dans l’engagement de rassembler « les hommes et les femmes de gauche, les écologistes et les humanistes » et plus encore, la promesse, dans sa conclusion, qui ne laissera personne insensible à gauche : « je prends aujourd’hui devant vous l’engagement de la victoire en 2012 ».
Une preuve qu’elle est engagée à fond dans la campagne ? Le souci qu’elle a désormais de soigner son image médiatique. On l’a, en effet, entendue, à la descente de la tribune, s’écrier vers les partisans qui s’approchaient : " pas de cravates, je ne veux pas de cravates autour de moi…").
A Sciences-Po, au temps de Martine en tout cas, il y avait, au " grand oral " une question bien connue: « si je vous montrais une photo des signataires des " accords de Matignon ", en 1936, sous le Front populaire, que constateriez-vous ? ». La réponse était que les représentants des travailleurs ne portaient pas de cravate, ce qui les distinguait des représentants du patronat !
C’est vieux tout ça, Martine ! Aujourd’hui ce sont les bobos qui ne portent pas de cravate, et les intellectuels, et les people. Regardez sur les photos, à la sortie de Matignon, les jolies cravates arborées par Thibault, Chérèque, Mailly…
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