Elles sont, sans surprise, attribuées à Dominique Strauss-Kahn, déchiré, abattu, détruit par « l’affaire du Sofitel ». Nous avons dit que nous n’en parlerions pas, sauf au travers de ses conséquences. Elles sont diverses :
1. La plus évidente, est l’exclusion de DSK de la course à la présidentielle : quoi qu’il arrive, il ne sera pas président de la République.
2. La plus surprenante, est que le PS ne semble pas atteint par le scandale qui a frappé son champion. Il pouvait craindre que ce désastre ne réduise ses chances de remporter la présidentielle. Eh bien, non : un de perdu, deux de gagnés ! Ils sont désormais deux à faire aussi bien que DSK contre Sarkozy … Il peut s’en réjouir mais cela signifie aussi, qu’au PS, la popularité est instable, voire virtuelle, et ses électeurs, incertains.
La vérité ne serait-elle pas que le parti socialiste français n’a pas de chef et que son identité se résume aujourd’hui à une seule idée, obsessionnelle : battre Sarkozy ? Il se donnera donc pour chef celui qui sera, au final, jugé le mieux à même d’y parvenir. Alors on observe les sondages comme les romains les augures avant la bataille. Ce sera Hollande ou Aubry et, s’il y a doute, on en cherchera un (ou une) autre...
3. Le PS aurait tort de croire que le pire est passé, car deux dégâts collatéraux le menacent :
* La guerre entre Aubry et Hollande semble désormais inévitable et promet d’être destructrice (vers un remake du second tour Aubry-Royal pour la direction du PS ?).
* On dit, au sein même du parti, qu’il a perdu le vote ouvrier, et s’il perdait maintenant celui des femmes ? Sont-elles vraiment prêtes à tirer un trait sur le machisme affiché des hiérarques du PS et sur le silence gêné de ses grandes figures féministes ? On a beaucoup glosé sur les brillantes déclarations des amis de DSK, mais on est vite passé sur la défense présentée par Yvette Roudy : « Dominique, les femmes lui tombent dans les bras » !
* On dit, au sein même du parti, qu’il a perdu le vote ouvrier, et s’il perdait maintenant celui des femmes ? Sont-elles vraiment prêtes à tirer un trait sur le machisme affiché des hiérarques du PS et sur le silence gêné de ses grandes figures féministes ? On a beaucoup glosé sur les brillantes déclarations des amis de DSK, mais on est vite passé sur la défense présentée par Yvette Roudy : « Dominique, les femmes lui tombent dans les bras » !
4. La plus grave, enfin, est qu’il est devenu clair que les socialistes doivent se reconstruire une morale : face à l’argent, aux véritables inégalités sociales (tout le monde a compris que le candidat PS appartiendra, quel qu’il soit, à la catégorie des privilégiés), aux dérives bien connues de certaines de ses fédérations… Le PS est, aujourd’hui, en passe de perdre, sur le terrain de la morale, son principal argument contre Sarkozy.
Alors, les épines de mai, il y en a pour tout le monde…
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