vendredi 25 février 2011

L'HISTOIRE D' UN PACTE

16/01/11 : J – 477
Le Journal du Dimanche raconte, sous le titre : " DSK consulte à Paris ", que " le directeur du FMI a rencontré, jeudi, dans la plus grande discrétion, Martine Aubry et Laurent Fabius ".
L’affaire serait de peu d’intérêt s’il n’y avait ce secret de famille du PS dont, c’est le destin des secrets, tout le monde parle et qui agite le Landerneau politique depuis des mois : le Pacte de Marrakech.
L’histoire serait la suivante : au cours de l’été 2008 Martine Aubry est en vacances  à Marrakech chez son ami et complice, François Lamy ; elle y rencontre (par hasard ?), Dominique Strauss-Kahn qui y possède un Riad.
Ce qui aurait pu figurer à la  rubrique People devient bientôt un scoop politique car ils auraient, à cette occasion, passé un pacte secret selon lequel ils décident de ne pas être candidat l’un contre l’autre aux primaires, chacun s’engageant à soutenir celui qui est le mieux placé  ( "en situation ", selon la terminologie socialiste).
Cet accord informel, qui ressemble plus à une conversation mondaine qu’à un contrat, va empoisonner durablement la vie du PS.
Sans doute s’agissait-il plus à l’époque de faire barrage à Ségolène pour la succession de Hollande à la tête du PS : à Martine le parti, à Dominique l’investiture à la présidentielle ?
Quoi qu’il en soit, dès que cela commence à se savoir, on minimise et on évoque une simple discussion entre amis. Mais on apprend rapidement que Fabius, qui aurait d’ailleurs été le premier à avoir lancé l’idée, a adhéré au pacte.
Deux ans plus tard le secret n’en n’est plus un. Chez Aubry comme chez Strauss-Kahn on confirme qu’ils ne seront pas candidats l’un contre l’autre : c’est celui qui est " en situation " qui ira. Fabius confirme.
De nombreux socialistes s’élèvent contre cette stratégie et, bien entendu, au premier rang d’entre eux, les autres candidats, au motif que cela équivaudrait à tuer les primaires.
 Le 24 Novembre 2011, sur France 2, Martine Aubry déclare : "Nous avons déjà dit que nous réfléchissons ensemble. Ségolène a dit qu'elle souhaitait aussi réfléchir avec nous et donc nous proposerons une candidature véritablement ensemble, c'est-à-dire pas l'un contre l'autre ou l'une contre l'autre".
Mais avec Ségolène les choses sont toujours compliquées. Certes elle a discrètement rencontré Dominique à Paris quelques jours plus tôt. Pourtant, dès le 26 Novembre, elle déclare sur Europe 1 qu’il n’y a pas de pacte pour empêcher les primaires et évoque plutôt un " Pack " de l’ensemble des socialistes pour battre la droite en 2012. Puis elle annonce, par surprise, le 29 Novembre, sa candidature aux primaires socialistes !
Le 30 novembre, elle n’hésite pas à considérer que Dominique Strauss-Kahn serait le meilleur chef de Gouvernement que la France pourrait avoir (le sien par conséquent) et qu’elle déciderait avec lui du " meilleur dispositif gagnant pour les primaires en juin 2011 " avant de préciser quelques jours plus tard qu’elle était " prête  à faire équipe avec lui, s’il est candidat,…à la condition qu’il reprenne ses propositions ". En clair, elle se battra jusqu’au bout, au moins tant qu’il lui restera un minimum de chances de gagner la primaire.

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