22/01/11 : J – 471
Jean Luc Mélenchon est investi candidat par le conseil national du Parti de Gauche dont il est fondateur et co-président.
Cet ancien trotskyste est entré au PS en 1977, où il se range sous la bannière de François Mitterrand. Il a occupé des fonctions ministérielles (ministre délégué à l’enseignement professionnel dans le Gouvernement Jospin), et parlementaire (sénateur de l’Essonne, puis député européen de la circonscription du sud-ouest).
En 2005, il s’affiche aux cotés de Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot et José Bové en campagne pour le " non " au référendum de 2005 sur la constitution européenne.
Il défend logiquement la candidature de Laurent Fabius aux primaires pour la présidentielle de 2007.
La motion qu’il soutient pour le congrès de Reims en 1988, celle de Benoit Hamon, n’arrive qu’en quatrième position avec 18.5 % des militants socialistes.
Ayant toujours milité à gauche du parti, sur une ligne antilibérale et anticapitaliste, il franchit alors le pas et quitte le PS pour créer le " Parti de Gauche ", à l’image de Die Linke en Allemagne.
Il entame alors un flirt avec le Parti Communiste, avec qui il souhaite constituer un Front de Gauche, et fait des appels du pied aux autres composantes de la gauche, mais pour l’instant ni le NPA (Besancenot), ni Lutte Ouvrière (Nathalie Arthaud), qui n’entendant pas s’effacer, n’ont répondu à ses avances.
Même au PC sa candidature divise. Certains considèrent qu’il vaut mieux ne pas renouveler l’expérience de 2007 (moins de 2 % des voix), d’autres que « s’il n’y a pas de candidat communiste, c’est la mort du PC » (Maxime Gremetz). De fait Mélenchon « pèse» 5 % dans les sondages.
Au Parti Socialiste, ce n’est pas la joie non plus : on n’a pas oublié le 21 avril 2002 et les 5.33 % de Chevènement...
Mélenchon donne sa première interview de candidat au Journal du Dimanche, daté du 23 Janvier. Il dévoile son programme : changement du régime de la propriété dans les grands secteurs, banque, énergie, santé, éducation… qui, dans le cadre d’une " révolution citoyenne " seront collectivisés, nationalisés, transformés en coopératives…
A la question : " ce sera plutôt une révolution façon 1917 que 1981 ? " il répond : " mon modèle, c’est un mélange de 1789 et de la Commune de Paris " !
Les deux gauches, toujours. Mais ce qui est fascinant c’est que la révolution est maintenant invoquée dans son acception étymologique : retour au point de départ. La gauche, qui a perdu ses repères géographiques (URSS, Chine populaire), se retourne maintenant sur son passé. Hier, c’était Ségolène qui faisait parler Mitterrand et Jaurès, aujourd’hui Mélenchon nous ramène à 1789 et 1870…
Pendant ce temps là, la droite, que l’on dit conservatrice et nationaliste, invoque l’Allemagne, les Etats-Unis, et parle mondialisation …
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