vendredi 25 février 2011

SOLFERINO 2012 : J - 500

24/12/2010 : J – 500
Pour la première fois on y croit, tous les sondages le confirment : le candidat socialiste va gagner, haut la main, au second tour des élections présidentielles.
Il ne  reste plus au PS qu’à se choisir un candidat et à élaborer son programme…
Avant d'entreprendre la chronique des 500 jours à venir, un bref retour en arrière , résumé des épisodes antérieurs, s'impose : où en est le PS en cette veille de Noel 2010 ?
Les candidats ? il n'en manque pas.
On a déjà une bonne idée de celles et ceux qui seront, ou peuvent prétendre être, sur la ligne de départ. Nous allons vivre de longs mois avec eux, cela mérite donc de les présenter.
Ils se classent en trois catégories : les déclarés, les putatifs et les embusqués.
Les déclarés :
Manuel Valls a été le premier à officialiser, le 13 Juin 2009, sa candidature aux primaires.
Né à Barcelone en 1962, il est naturalisé français à l’âge de 20 ans. Il est déjà, depuis 3 ans, membre de parti socialiste où il s’est engagé pour soutenir Michel Rocard, dont il sera le conseiller pour les affaires étudiantes.
Il ne s’attarde pas à l’Université où il poursuit des études d’histoire tout en militant à l’UNEF-ID.
Attaché parlementaire à 21 ans, il est élu, à 24 ans, au conseil Général de l’île de France, dont il devient vice-président deux ans plus tard. Il est également secrétaire national du Parti socialiste et premier secrétaire de la fédération du Val d’Oise.
En 1997, malgré la large victoire du PS aux élections législatives, il est  lui-même battu dans la circonscription d’Argenteuil. Il intègre alors, en qualité de conseiller à la communication, le cabinet de Lionel Jospin, premier ministre de 1997 à 2002.
En 2001, il devient maire d’Evry et en 2002, député. Il sera largement réélu dans ces fonctions lors des législatives de 2007 et des municipales de 2008.
De même que ses origines étrangères le mettent à l’abri de tout procès en xénophobie, son implantation électorale dans une ville " socialement sensible " lui permet de traiter des problèmes de sécurité, d’immigration et d’intégration sans langue de bois ; Il sait de quoi il parle et il ne s’en prive pas.
De fait, il ne manque aucune occasion de se faire remarquer par une liberté de parole, proche  souvent de  la provocation.  Il parle "vrai ". Si Rocard devait avoir un successeur, ce serait lui.
Il est naturellement rappelé à l’ordre par l’establishment du parti, en particulier par Martine Aubry, ce qui contribue, outre son physique de gendre idéal, et sa courtoisie naturelle,  à le rendre sympathique aux français.
Il se dit, qu’en réalité, il roule pour DSK, lui-même visant plutôt 2017.
C’est au tour d'Arnaud Montebourg d’annoncer, le 20 novembre 2010, sa candidature.
Cabotin flamboyant, il  pourrait passer pour un dilettante. L’image serait trompeuse et l’on aurait tort de le sous-estimer, comme le prouve son livre, publié au lendemain de sa candidature : « Des idées et des rêves ». C’est à la fois une analyse argumentée de la situation et une réponse imaginative à la demande de transformation politique qu’il sent chez les français.
Arnaud Montebourg s’est d’abord fait connaître comme jeune avocat, notamment comme défenseur de Christine Villemin dans l’affaire du petit Gregory. Élu député de Saône et Loire en 1997, il mènera deux croisades au parlement : contre Jacques Chirac qu’il souhaite traîner devant la Haute Cour de Justice, et pour l’avènement d’une VI° République où le Président perdrait l’essentiel de ses pouvoirs au profit d’un Premier ministre étroitement contrôlé par le parlement.
S’il est par nature électron libre, il s’engage dans des alliances successives et éphémères. Fin 2002, il fonde en compagnie de Vincent Peillon, Julien Dray et Benoit Hamon, le " Nouveau Parti Socialiste " qui obtiendra 17% des voix contre la motion de François Hollande au congrès de Dijon. L’aventure ne durera que deux ans.
En 2006, il soutient la candidature de Ségolène Royale dont il est le porte- parole de campagne. Il dira un jour que « le seul défaut de la candidate à la présidentielle, c’est son compagnon » ce qui François Hollande a modérément apprécié.
Le soir de sa réélection comme député, en juin 2007, il déclare : " rien ne sera plus comme avant au PS ! Fini le temps des éléphants révolus et place aux jeunes lions " !
Élu au conseil général de Saône et Loire en 2008, il en devient Président, oubliant qu’il condamne depuis des années le cumul des mandats…
En novembre 2008, au congrès de Reims, il s’allie à Pierre Moscovici et Jean-Christophe Cambadélis avant de rallier Martine Aubry qui deviendra première secrétaire du PS, remportant sur Ségolène Royale une élection marquée par les fraudes.
Quelques jours après sa déclaration de candidature il se présente ainsi sur France 5 : " sur le social je suis socialiste bon teint, sur la démocratie je suis mendésiste, sur l’économie je suis Modem, sur la mondialisation je suis  démondialisation ".
La troisième candidature fera plus de bruit, celle de Ségolène Royale, annoncée, le 29 novembre 2010, dans la Nouvelle République du Centre-Ouest.
Ségolène Royal est née en 1953 à Dakar, au Sénégal. Après des études à la Faculté de Droit de Paris et à Sciences-Po elle entre à  L’ENA en 1978. Elle y rencontre François Hollande qui sera son compagnon jusqu’en 2007 et avec qui elle a 4 enfants.
A sa sortie de l’ENA  elle occupe un poste de juge au Tribunal administratif de Paris. Elle adhère au parti socialiste en 1978.
 Repérée par Jacques Attali, elle est nommée chargée de mission à la Présidence de la République en 1982, où elle suit les questions de jeunesse et sports, puis les affaires sociales, et l’environnement.
A la recherche d’une implantation électorale, elle se fait élire conseillère municipale à Trouville-sur-Mer en 1983. Mais la voie est encombrée et elle décroche en 1988, sur décision du Président lui-même, l’investiture du PS dans la circonscription des Deux-Sèvres.
Elle parvient à conquérir cette circonscription traditionnellement à droite et la conservera jusqu’en 2007, où elle décide de ne pas se représenter.  Elle ne siège donc plus au Parlement.
Elle occupe différentes fonctions ministérielles : ministre de l’environnement sous Mitterrand de 1992 à 1993, puis, dans le gouvernement Jospin, successivement ministre déléguée l’enseignement scolaire de 1997 à 2000, à la Famille et à l’Enfance de 2000 à 2001, à la Famille, à l’Enfance et aux Personnes handicapées, de 2001 à 2002.
A l’occasion des élections régionales de 2004, elle remporte la Présidence de la Région Poitou-Charentes, fief du premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Depuis cette date elle fait de cette région son laboratoire pour l’élection présidentielle.
En novembre 2006, elle remporte la primaire du parti socialiste pour les élections présidentielles de 2007, dés le premier tour avec 60 % des voix, contre deux éléphants prestigieux, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.
Arrivée au premier tour derrière Nicolas Sarkozy, elle est largement battue, malgré ses tentatives d’alliance avec le centriste François Bayrou, au second tour avec 46,94 % des voix contre 53,06 % pour l’actuel Président.
Les putatifs :
Dominique Strauss-Kahn: aucune candidature n’est aussi souvent évoquée. Le problème c’est que si tout le monde en parle, le principal intéressé, lui, reste silencieux et le restera le plus longtemps possible.
Il est le favori des sondages dans lesquels il devance ses concurrents à la candidature aux primaires du PS, et parait imbattable  aux élections présidentielles elles-mêmes.
Pourtant Dominique Strauss-Kahn ne parle jamais de la politique française.
Directeur général du Fonds monétaire international, basé à Washington, c’est l’un des hommes les plus en vue de la planète. Mais son statut lui interdit d’intervenir dans la politique de son pays. Donc il se tait. Et plus il se tait plus il est populaire.
DSK a 62 ans, il est né à Neuilly sur Seine (comme Nicolas Sarkozy).
Après de longues et brillantes études (HEC, Sciences-PO, agrégation d’économie) il entreprend une carrière d’économiste en qualité d’universitaire et de chercheur et commence à militer au PS où il se lie d’amitié avec Lionel Jospin.
En 1983 il intègre le comité directeur du parti. Il est élu député de Haute Savoie en 1986, puis en 1988 du Val d’Oise, à Sarcelles, qui deviendra son fief électoral.
Président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, il est, au parti, secrétaire national chargé des finances. Il a trouvé sa voie.
Il est récompensé en 1991 par un portefeuille de ministre délégué de l’industrie et du commerce extérieur, dans les Gouvernements d’Edith Cresson puis de Pierre Bérégovoy.
En 1993 : emporté par la déroute aux élections législatives il perd son siège de député. Il s’inscrit alors au barreau de Paris et devient avocat d’affaires (encore comme N.Sarkozy !).
En 1995, il est élu maire de Sarcelles et en 1997 il récupère son siège de député.
Lionel Jospin l’appelle alors dans son Gouvernement et lui confie le prestigieux portefeuille de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Il va mener une politique plutôt libérale : privatisations massives d’entreprises publiques, création du Comité d’Orientation des Retraites, le COR, qui sera à l’origine des futures reforme des retraites menées par la droite, tout en menant un politique de redressement des comptes publics qui mettra la France en conformité avec les critères d'adhésion à l'euro. Deux ans plus tard, c’est la catastrophe : mis en cause dans diverses affaires judiciaires il doit abandonner ses fonctions ministérielles.
Fin 2001, il bénéficie d’un non-lieu et  retrouve son siège de député, mais quelques mois plus tard c’est la défaite de Jospin au premier tour des présidentielles d’avril 2002.
Dans l’opposition, il entreprend, accompagné de Jean-Christophe Cambadélis, député du Paris et de l’un de ses plus proches conseillers, une campagne au sein du parti socialiste pour la candidature aux élections présidentielles de 2007.
A la surprise quasi générale il est largement battu lors des primaires socialistes, 20% des voix contre 60%  à Ségolène Royale.
Adieu la France ! Grâce au soutien actif de Nicolas Sarkozy, il devient patron du FMI et s’installe à Washington.
Moins d’un an après, il frise à nouveau la catastrophe à la suite d’un scandale dans lequel il est accusé d’adultère et d’abus de pouvoir. Il est disculpé à la suite d’une enquête diligentée par le FMI  et si le doyen du Conseil d’administration relève des " actes regrettables et reflétant une grave erreur de jugement ", il sauve son fauteuil.
C’est alors que survient la  crise financière qui menace la planète d’un crash économique plus grave encore que la crise de 1929. Le revoilà sur le devant de la scène en compagnie de …Sarkozy, qui exerce alors la fonction de président de l’Union Européenne. Ils entreprennent, main dans la main, de sauver le monde et leur action est jugée positive. Le même scénario se reproduit en 2010 avec la crise financière de la Grèce et les menaces sur l’euro.
Curieux pays où le candidat préféré  de la gauche dirige l’institution mondiale la plus emblématique du capitalisme, au travers de laquelle il mène sans complexe une politique libérale, payé comme un riche selon les critères de ses « camarades », et affiche sa complicité avec celui qui sera peut-être son adversaire aux prochaines présidentielles.
 Martine Aubry évoque volontiers son " côté besogneux et bébête ", mais c’est pour mieux se distinguer de Ségolène qui est son principal adversaire au PS.
Née en 1950 à Paris, elle est la fille de Jacques Delors, ministre des Finances de François Mitterrand de 1981 à 1985, puis président de la commission européenne  de 1985 à 1995.
Après des études à la faculté de Droit et à Sciences-Po., elle intègre l’ENA en 1973 et choisit à sa sortie en 1975 le ministère du travail et des affaires sociales. Ce n’est pas l’affectation la plus prestigieuse mais ce choix sera déterminant pour sa carrière.
Après l’élection de Mitterrand en 1981 elle intègre le cabinet du Ministre du travail, Jean Auroux puis Pierre Bérégovoy.
Suite à la défaite de la gauche aux législatives de 1986 elle est nommée au conseil d’Etat, au tour extérieur. De 1989 à 1991, elle fait l’expérience du privé chez Pechiney où elle noue des liens tant avec certains grands patrons qu’avec des syndicalistes.
En 1991, elle est nommée Ministre du Travail, de l’Emploi, et de la Formation Professionnelle dans le Gouvernement d’Edith Cresson, poste qu’elle conserve lorsque Bérégovoy devient Premier ministre.
En 1995, Pierre Mauroy  la nomme  première adjointe au maire de Lille : c’est le premier pas vers son implantation dans le département du Nord.
Suite à la dissolution décidée par Jacques Chirac en juin 1997, la gauche remporte les élections législatives et Martine Aubry est élue députée du Nord.
Lionel Jospin la choisit comme ministre de l’Emploi, et de la Solidarité, poste où elle doit mettre en place les promesses de la gauche plurielle : les 35 heures mais aussi les emplois jeunes, la couverture maladie universelle…
De cette expérience elle héritera du surnom de " dame des 35 heures " (titre d’un livre de Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aulnoit) ainsi que l’image d’une femme  autoritaire au caractère bien trempé.
En octobre 2000, elle démissionne du gouvernement pour se consacrer à la campagne des élections municipales de Lille. Elle remporte la mairie.
Mais aux élections législatives de juin 2002, qui suivent la défaite de Lionel Jospin aux présidentielles d’avril 2002, elle perd son siège de députée.
Elle se consacre alors à sa mairie et renoncera même à se présenter à l’élection législative de 2007 ce qui fait que, comme Ségolène Royal, elle ne siège pas aujourd’hui au Parlement.
Réélue en mars 2008, à la tête d’une liste associant les verts et le Modem, elle fait l’objet de nombreuses sollicitudes pour succéder à François Hollande à la tête du Parti.
Elle n’a pas fait acte de candidature lorsque s’ouvre le  congrès de Reims,  mais elle est l’auteur d’une motion (« changer la gauche ») également signée par une partie des strausskahniens, par Laurent Fabius, ainsi que par Arnaud Montebourg. Cette motion arrive, avec 24,32 % de suffrages en 3° position, derrière celles de Ségolène Royale (42,9%), qui a clairement présenté sa candidature, et de Delanoë (25,24%) qui lorgne également le poste.
Le PS connaît alors une des plus graves crises de son histoire même s’il est coutumier des congrès désastreux.
Au final, et à l’issue d’une surenchère de tractations, trahisons et tripatouillages, Martine Aubry, qui a fini par être candidate, est proclamée vainqueur avec 104 voix d’avance, et 50,04 % des suffrages, sur Ségolène Royal. Cette dernière considérera toujours qu’elle a été victime de tricheries et que Martine Aubry, en tout cas ses partisans, lui ont volé sa victoire. C’est un paramètre qui comptera à n’en pas douter dans les combats à venir.
Secrétaire général du Parti socialiste depuis le départ, en 2002, de Lionel Jospin, dont il était déjà le successeur désigné, François Hollande pouvait très légitiment prétendre à l’investiture. On verra comment il a du s’effacer.
Né en 1954 en Seine-Maritime, il accomplit sa scolarité au Pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle de Rouen, puis au Lycée Pasteur de Neuilly sur Seine, avant d’accomplir de brillantes études supérieures : licencié en droit, diplômé d’HEC, de Sciences-Po. Il entre naturellement à l’ENA où il se classe dans les 10 premiers à la sortie ce qui lui permet de choisir la Cour des Comptes. Militant syndicaliste engagé à gauche, il préside la section UNEF de Sciences-Po, crée un comité de soutient à François Mitterrand à HEC et un Comité d’action pour le réforme démocratique de l’ENA : "Carena ". Il est entré en 1979 au Parti socialiste.
Il rencontre à l’ENA celle qui sera sa compagne jusqu’en 2000 et avec laquelle il aura 4 enfants, Ségolène Royal. Repéré, comme elle, par Jacques Attali, il rejoint l’Elysée en  1981 en qualité de conseiller pour les affaires économiques. 
En 1988, dans la foulée de la réélection de Mitterrand, il est élu député de Corrèze, département qui est le fief de Jacques Chirac.
Battu en 1993, il exercera quelque temps la profession d’avocat.
Devenu secrétaire national du parti socialiste il se rapproche de Lionel Jospin qui en fait son porte-parole. Après la victoire de la gauche plurielle en 1997 il retrouve son siège de député. Jospin est nommé  premier ministre.
La présence de sa compagne au gouvernement l’empêchant d’être ministre, il remplace Lionel Jospin à la tête du parti, dont il deviendra véritablement le chef après la défaite de 2007. Entre temps, il est élu maire de Tulle, fonction qu’il abandonnera en 2008, pour accéder à la présidence de Conseil Général de Corrèze.
Il annonce alors qu’il ne briguera pas un nouveau mandat à la tête du parti. Au congrès de Reims, en novembre 2008, il soutient Bertrand Delanoë dont la motion ne recueille que 25% des voix. Suite au retrait de ce dernier il ne se prononce pour aucun candidat et ne donne pas de consigne de vote.
Son bilan de secrétaire général est contrasté : il a probablement évité en 2007 une crise qui aurait pu mener à l’éclatement du  parti, et il peut légitimement revendiquer une part importante dans les victoires socialistes aux diverses élections locales : régionales, cantonales, municipales, qui ont eu lieu sous son mandat, mais on lui reproche la mauvaise gestion du référendum sur la Constitution européenne qui a entraîné en 2005 une profonde et durable division au Parti Socialiste. De même qu’en sa qualité de patron, il ne saurait s’exonérer de sa responsabilité lors des présidentielles de 2007, ne serait-ce que par la gestion des primaires pour la désignation du candidat socialiste qui ont assurément pesé dans la défaite et auxquelles, pris de vitesse par l’annonce de la candidature de celle qui était encore sa compagne, il n’a pas pu concourir.
C’est aujourd’hui un homme libre, qui entend jouer toutes ses chances. Il annoncera sa candidature aux primaires à l’issue des élections cantonales de mars 2011 si  les corréziens lui " donnent les moyens de continuer là-bas " (comprendre s’il conserve son fauteuil de président du conseil général). En attendant, il fait savoir qu’il n’est " ni dans les arrangements ni dans les pactes ".
Les embusqués:
L. Fabius, qui est incontestablement un surdoué, réunit tous les atouts pour une carrière exceptionnelle.
Né en 1946 dans une famille aisée du 16° arrondissement de Paris (son père est un antiquaire renommé) il fréquente les prestigieux lycées Janson-de-Sailly puis Louis – le - Grand. Il collectionne les diplômes : Sciences-Po, Normale Sup., agrégation de lettre. Admis à l’ENA, il en sort « dans la botte » ce qui lui permet de rejoindre le Conseil d’Etat.
En 1974, il adhère au Parti Socialiste et devient directeur de cabinet de François Mitterrand en 1979, fonction qu’il occupera jusqu’en 1981.
Entre-temps, il affronte avec succès le suffrage électoral en Seine-Maritime : adjoint au maire de Grand-Quevilly en 1977, député en 1978, il a trouvé son bastion électoral.
En 1981, François Mitterrand en fait son ministre du budget (délégué auprès du Ministre de l’Economie et des Finances, Jacques Delors).
En 1984, il est nommé premier ministre. A 38 ans, c’est le plus jeune premier ministre que  la France ait connu.
Il sera également Président de l’Assemblée nationale (1988) et premier secrétaire du parti socialiste(1992).
Beau palmarès et grandes ambitions. Mais à partir de Matignon du mauvais temps s’annonce.
C’est d’abord le scandale du Rainbow Warrior, bateau de Greenpeace dynamité par les services secrets français dans le port d’Auckland, provoquant la mort d’un photographe. Fabius niera avoir été informé et c’est le ministre de la Défense, Charles Hernu, qui démissionnera.
C’est aussi l’affaire du sang contaminé qui entraînera sa mise en cause en 1991.
Il devra attendre 1999 pour être innocenté par la Cour de Justice de la République qui relève que « compte tenu de des connaissances de l’époque, l’action de Laurent Fabius a contribué à accélérer les processus décisionnels ».
Il n’en resta pas moins que ces affaires brouilleront son image dans l’opinion et marqueront un arrêt dans son irrésistible ascension (il renoncera à la candidature aux présidentielles de 1995).
Il retrouvera, en 2000, un poste ministériel, celui  de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, après les démissions forcées de DSK puis de Christian Sautter. La politique qu’il mènera à Bercy sera qualifiée de libérale et  lui vaudra l’hostilité des communistes et de l’aile gauche de son parti.
Après la défaite de 2002, il doit s’effacer devant Hollande dont il devient l’adjoint à la tête du PS. Il entame alors un virage à gauche où il pense trouver un espace pour ses ambitions présidentielles.
C’est l’épisode du référendum sur le traité constitutionnel européen où il prend la tête du camp du "non " contre la position majoritaire de son parti, qui laissera des traces, nombreux de ses camarades lui reprochant d’avoir, par opportunisme politique, porté atteinte à l’unité du parti.
Lorsqu’en 2006, il se présente à la primaire interne du PS en vue de l’élection présidentielle de 2007, il arrive en troisième position derrière Ségolène et DSK.
Au congrès de Reims, il soutient la motion de Martine Aubry et amorce un rapprochement avec certains strausskahniens.
Il annonce qu’il ne sera pas candidat mais se tient en réserve dans l’hypothèse où, DSK renonçant, le parti chercherait un homme providentiel
Bertrand Delanoë  pourrait figurer dans cette rubrique malgré tout ce qui a été dit, y compris par lui-même, après sa défaite au congrès de Reims. Il parait bien affaibli mais a-t-il vraiment renoncé ? Pourrait-il lui aussi être l’homme providentiel ? Il est mentionné ici parce que ses déclarations sont peut-être plus subliminales qu’elles n’y paraissent. A chaque fois qu’on l’interroge, il répond imperturbablement : primo, qu’il ne se pose pas la question, secundo, qu’il est libre, tertio, qu’il participera activement à la campagne ! Alors, libre ou disponible ?
Voila donc en place les principaux acteurs des 500 derniers jours du Parti socialiste avant la présidentielle.
Le programme : c'est encore le flou.
 Ce n’est pas tant que le PS manque d’idées, mais, pour l’instant, elles relèvent plus du slogan que du projet et souvent ravivent l’opposition droite-gauche au sein du parti. Alors, pour les idées, le mieux est encore de s’en tenir à une seule, simple, et sur laquelle tout le monde est d’accord : l’anti-Sarkozysme.
Mais, au fond, on est bien conscient que, comme l’on dit dans la Normandie de Fabius " ça va pas le faire ". Alors on y travaille mais la procédure est plutôt longue et complexe…
De fait, trois  conventions nationales se sont déjà tenues et ont approuvé un texte : sur le développement économique, social et écologique en avril 2010, sur la  rénovation  en  juillet, sur l’international en octobre. On ne peut pas dire qu’elles ont connu un grand retentissement, Ségolène Royal dira même que " personne n’en a jamais entendu parler ! ".
C’est malgré tout l’une de ces conventions, celle de juillet 2010, qui a arrêté le principe de primaire " ouvertes ". En particulier, les conditions pour être candidat (les parrainages) et pour être électeur (inscription sur les listes électorales, signature d’une adhésion aux valeurs de la gauche, versement  d’un euro). Si le calendrier est repoussé à une réunion  du Bureau national en janvier 2011, il est institué un Comité national des primaires-CNOP, chargé des aspects techniques et de l’adoption d’une charte éthique, ainsi qu’une Haute autorité pour veiller à la régularité du scrutin.
Le 9 novembre 2010, le comité national du Parti socialiste adopte le quatrième texte programmatique lors de la convention " égalité réelle ".
Martine Aubry déclare : "dans 500 jours aura lieu l’élection présidentielle où nous solliciterons la confiance des français pour engager le changement…nous avons beaucoup travaillé…la crédibilité a changé de camp".
Ce n’est pas vraiment l’avis du Monde qui publie  sur son site internet un article intitulé : " l’égalité réelle ravive les tensions au PS ".
Selon lui " ce texte … semble redessiner une ligne de clivage au PS. Premier reproche : le côté fourre-tout du document, qui aborde de nombreux sujets, propose beaucoup, mais parfois de manière floue. L'entourage de l'ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, a ainsi raillé par presse interposée, la "hotte du père Noël" de Benoît Hamon. Les proches de Dominique Stauss-Kahn ironisent sur des propositions "totalement irréalistes", non chiffrées et non hiérarchisées. Le député de l'Essone, Manuel Valls, a prévenu qu'il ne voterait pas le texte "en l'état"… ».
Ce même journal enfonce le clou dans son édition du 15 Janvier 2011, sous le titre " Le PS subirait-il du déficit d’inventivité ? " il note que beaucoup de propositions relèvent du "recyclage ".
Bref, il reste du travail avant la  " convention des conventions ", annoncée pour le 28 mai 2011, qui devrait célébrer l’adoption définitive du Projet. 

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